Nathalie Bassire, conseillère municipale et générale du Tampon (île de la Réunion), se dit consternée et interpelle dans un courrier les députés et sénateurs
sur les futurs projets de lois, portés par le gouvernement Ayrault, sur le mariage pour tous, l'adoption ou encore l'euthanasie (!).
Voici l'intégralité de son courrier:
En qualité d’élue conseillère générale et municipale, j’aimerais porter à votre connaissance mon inquiétude et ma profonde consternation quant aux projets de lois
concernant le mariage des homosexuels, l’adoption, l’euthanasie. Ceux-ci nuisent gravement aux valeurs humaines et portent atteinte à la dignité de l’homme ou encore à l’éthique. Avant de
vous exposer mon point de vue sur ledit mariage, je tiens à rappeler combien je respecte toute personne et mon intention n’est nullement de faire le procès de qui que ce soit ! Mais j’estime
que notre devoir en tant qu’élus et citoyens est de prendre position, aussi dérangeante soit-elle, dans ce combat dont les conséquences fragiliseraient encore plus une société en perte de
repères et de valeurs.
On sait tous que l’union d’un homme et d’une femme avec leurs différences est génératrice de richesses au sein de la famille. En effet, pour grandir et s’épanouir,
l’enfant puise chez son père et sa mère la part de masculinité et de féminité dont il a besoin pour être un adulte accompli. On ne doute pas que tout couple homosexuel puisse aimer un enfant
autant qu’un couple hétérosexuel mais l’aimer ne veut pas dire qu’on le structure, d’autant qu’il n’y a aucune filiation. Or, en le privant de ces besoins fondamentaux, l’enfant rencontre des
difficultés dans la construction de son identité ; tel est l’avis de bon nombre de spécialistes de l’enfance : pédopsychiatres, psychologues ou encore des philosophes, sociologues, écrivains…
car ces sujets intéressent de très près les Français qui se rendent bien compte que ce sont les fondements même de la société qui sont remis en cause.
Pouvons-nous avancer aveuglément et sans réagir en prenant en otage les enfants ?
Pouvons-nous libéraliser les mœurs en occultant toute raison humaine ?
Avons- nous le droit de priver des enfants de ce repère essentiel apporté tout naturellement par la différence que constituent des parents naturels ou adoptifs
?
Ces questions méritent une réflexion plus approfondie et sérieuse d’autant que des études menées récemment aux Etats-Unis révèlent le mal être de beaucoup
d’enfants élevés par des couples homosexuels. C’est ce qu’a souligné Michel Pinton, ancien secrétaire général de l’UDF, dans sa lettre adressée à Monsieur le Président de la République le 24
août 2012.
Il est plus urgent aujourd’hui de protéger les familles à travers une politique et des lois qui visent à sauvegarder ses valeurs, à travailler à une reconstruction
plus sécurisante de la société puisque la mission d’un Chef de l’Etat, ainsi que des Députés et Sénateurs que vous êtes, est de veiller au respect et à la dignité de tout être
humain.
Je vous remercie pour l’attention que vous m’avez accordée et ose espérer votre soutien et votre participation dans ce grand débat.
Nathalie Bassire, Conseillère générale et municipale.
Mardi 11 Septembre 2012 - 16:32
La bêtise et la mauvaise foi de votre argumentation... je suis moi aussi consterné, Madame Bassire...
"je tiens à rappeler combien je respecte toute personne et mon intention n’est nullement de faire le procès de qui que ce soit !" Je doute
qu'aucune personne appartenant à une famille homoparentale se sente respectée en lisant votre courrier, et je ne comprends même pas que vous puissiez prétendre ne pas faire de procès avec cette
lettre homophobe.Notre société serait donc "en perte de repères et de valeurs" ? C'est très vague, expliquez nous quels autres repères, quelles autres valeurs, se perdent selon vous, et depuis
quand ? Qu'on puisse prendre la mesure de votre conservatisme. A quelle époque bénie de Dieu voudriez-vous que nous retournions ? Soyez précise, c'est intéressant.
"On sait tous que l’union d’un homme et d’une femme avec leurs différences est génératrice de richesses au sein de la famille." De quel genre de
richesses parlez-vous ? Je connais des couples hétérosexuels qui vivent dans une grande pauvreté. Non, vous parlez de richesses morales, sans doute ? Je connais des couples hétérosexuels qui n'en
ont aucune, si, si, je vous assure.
"En effet, pour grandir et s’épanouir, l’enfant puise chez son père et sa mère la part de masculinité et de féminité dont il a besoin pour être un adulte
accompli." Est-ce à dire qu'un garçon élevé par une mère seule ne pourra jamais devenir un homme viril, qu'une fille élevée par son père seul ne deviendra jamais féminine ? C'est
très curieux, comme allégations, dites donc. J'aimerais vraiment beaucoup savoir sur quelles études vous vous basez.
"On ne doute pas que tout couple homosexuel puisse aimer un enfant autant qu’un couple hétérosexuel " là, nous sommes d'accord.
"mais l’aimer ne veut pas dire qu’on le structure" nous sommes d'accord également, je connais beaucoup de parents, pourtant hétérosexuels, qui
ont très mal élevé leurs enfants, d'ailleurs, la majeure partie de la clientèle des psychologues est composée de personnes élevées au sein de familles hétéroparentales, vous savez. La population
carcérale aussi, d'ailleurs. Pour autant, personne n'a envisagé d'accuser l'hétérosexualité de déstructurer les enfants, n'est ce pas.
"d’autant qu’il n’y a aucune filiation" Pardon ? Aucune filiation ? De quoi parlez vous ? Pensez-vous que les gays et les lesbiennes sont
stériles ? Laissez moi vous apprendre que ce n'est pas le cas, et que beaucoup sont parents, au sens rigoureusement biologique et hétérosexuel du terme. Et si la filiation biologique était la
condition sine qua non d'une parenté, alors on devrait interdire catégoriquement toute forme d'adoption.
"Or, en le privant de ces besoins fondamentaux, l’enfant rencontre des difficultés dans la construction de son identité" Quel enfant, madame
Bassire, ne rencontre pas de difficulté dans la construction de son identité ? Les votres ? Pensez-vous vraiment être une mère si parfaite que votre progéniture est parfaitement équilibrée, sans
conflit intérieur ni psychologique d'aucune sorte ? Si c'est le cas, madame, votre cas est bien enviable et bien rare. Ne faites pas , s'il vous plait, porter aux autres la responsabilité d'une
telle écrasante perfection.
"tel est l’avis de bon nombre de spécialistes de l’enfance : pédopsychiatres, psychologues ou encore des philosophes, sociologues, écrivains…
" Ah, alors là, vraiment, il va falloir être un peu plus précise, madame. Citez des noms, des études précises, des chiffres, des résultats reconnus, instruisez-nous ! (au
passage, permettez moi de m'étonner que vous citiez des philosophes parmi les spécialistes de l'enfance. Permettez moi également de trouver que "des écrivains" c'est vague, très vague, êtes vous
certaine de parler sérieusement, madame Bassire ?
"Pouvons-nous avancer aveuglément et sans réagir en prenant en otage les enfants ? " Ce qui prend en otage les enfants, c'est de ne pas
accorder de statut à leur famille, quand on parle des familles homoparentales, on ne demande à personne le droit qu'elles existent, puisque, de fait, que cela plaise ou non, elles existent. Il
s'agit d'accorder un statut et des droits à des familles qui existent déjà. Voudriez vous priver de droit des enfants ? Ou peut-être voudriez vous retirer des enfants à leur famille ? Pour
"faciliter la construction de leur identité", sans doute ?
"Pouvons-nous libéraliser les mœurs en occultant toute raison humaine ? " C'est vous qui occultez la raison, je crois. Il ne s'agit pas de
libéraliser quoi que ce soit.
"Avons- nous le droit de priver des enfants de ce repère essentiel apporté tout naturellement par la différence que constituent des parents naturels ou adoptifs
?" Encore une fois les familles homoparentales ne demandent pas qu'on leur accorde la permission d'exister. Elles demandent qu'on ne leur rende pas la vie insupportable par peur
de la différence. Par homophobie.
"Ces questions méritent une réflexion plus approfondie et sérieuse d’autant que des études menées récemment aux Etats-Unis révèlent le mal être de beaucoup
d’enfants élevés par des couples homosexuels. C’est ce qu’a souligné Michel Pinton, ancien secrétaire général de l’UDF, dans sa lettre adressée à Monsieur le Président de la République le 24 août
2012. " Vous oubliez les centaines d'études qui ont été faites et qui aboutissent aux conclusions exactement inverse, madame.
"Il est plus urgent aujourd’hui de protéger les familles à travers une politique et des lois qui visent à sauvegarder ses valeurs," et c'est
exactement ce que réclament les familles homoparentales : qu'on protège leurs familles.
"puisque la mission d’un Chef de l’Etat, ainsi que des Députés et Sénateurs que vous êtes, est de veiller au respect et à la dignité de tout être humain.
" et les homosexuels, ainsi que leurs enfants, madame, sont des êtres humains, figurez-vous.
Madame, pour finir, vous êtes une élue de la Réunion, qui porte en son nom même la fierté de sa diversité et la
richesse qu'il y a à vivre ensemble nos différences respectives.
Respectez ce nom.
Didier Garguilo